
Stéphane Robichaud amorce une année chargée au Conseil de la santé du N.-B.
Publié à 6h00 le jeudi 11 mars 2010


Le Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick a été créé en septembre 2008 à l'issue de la réforme du système de santé du gouvernement provincial, amorcée par l'ancien ministre de la Santé, Micheal Murphy. Le mandat du conseil était de recueillir de l'information sur la santé de la population et sur la performance du système, de même que d'engager la population dans les questions de santé. Depuis sa création, on n'a peu entendu parler de cet organisme, si ce n'est que de quelques critiques de temps à autre, notamment sur le budget qui lui est alloué. Le directeur général du conseil, Stéphane Robichaud, n'en demeure pas moins convaincu de l'importance du mandat qui lui a été confié et tenait, dans un entretien avec L'Étoile, à rappeler l'ampleur du défi qu'il tente de relever avec son équipe.
L'Étoile: Le Conseil de la santé existe depuis maintenant un an et demi. Quel bilan faites-vous de vos réalisations?
Stéphane Robichaud: La première année a été l'occasion de mettre en place une nouvelle structure. D'abord, il fallait établir clairement le mandat de cette nouvelle structure. Cela parait simple, mais il fallait bien le saisir et il fallait aussi bien saisir c'est quoi notre relation avec les différents intervenants. C'était un défi de taille. L'information n'avait jamais été organisée de façon soutenue sur le plan provincial. Le ministère avait sa façon d'organiser les choses et chacune des huit anciennes régies régionales de la santé] avait aussi sa propre façon de faire. Il y avait très peu de choses qui étaient organisées de façon commune.
Pour le portrait de la santé de la population, on a livré la première version il y a peu de temps. Ç'a été très bien accueilli dans le système. Le défi était vraiment d'identifier ça ressemble à quoi, un portrait de la santé de la population. C'est une notion qui est nouvelle dans le secteur de la santé; ça fait quand même juste de trois à cinq ans qu'on se penche sur ces questions au Canada ou ailleurs dans le monde. On n'a pas voulu réinventer la roue, mais on a livré un outil qui reflète bien la situation au Nouveau-Brunswick.
L'Étoile: En mai 2009, certaines personnes, dont Hubert Dupuis, président du comité Égalité santé en français et Roger Doiron, coprésident de la Coalition de la santé ont vivement critiqué l'existence du Conseil, le qualifiant entre autres, de dépense éhontée. Avec le recul maintenant, que répondez-vous à ces critiques?
S.R.: Je n'ai pas vraiment à y répondre. De prime abord, il faut se demander qui était vraiment au courant du travail qu'on faisait? Je ne crois pas qu'ils l'étaient. Mais en santé, on sait que c'est un secteur très volatil, très débattu. Ça fait un peu partie de l'environnement, donc ce n'est pas un secteur très facile. Pour ce qui est du budget du Conseil de la santé, on parle de 2 millions $ sur des dépenses totales en santé 2,4 milliards $. Et c'est un outil mis en place pour s'assurer de l'imputabilité envers le public et d'avoir des mécanismes pour s'assurer que les citoyens participent à cette évolution. Quand on regarde le montant qui est alloué, c'est quand même très peu pour une fonction qui est quand même importante.
L'Étoile: Avez-vous l'impression d'avoir toutes les ressources pour accomplir votre mandat?
S.R.: En termes des ressources, notre défi, c'est vraiment l'information et l'accès à cette information. Comme je l'ai dit plus tôt, l'information n'a jamais été organisée de cette façon-là, alors c'est beaucoup de travail. D'autre part, le mandat même du conseil a été extrêmement bien accueilli dans le système. Les gens qui travaillent dans le système depuis 15 à 20 ans savent qu'il manque de l'information pour déterminer comment on se compare d'une région à l'autre par exemple. Ces gens-là reconnaissent la valeur de ce qu'on fait et ils nous aident beaucoup.
L'Étoile: On n'entend pas beaucoup parler du Conseil de la santé dans les médias. Est-ce que vous avez du mal à bien vous faire connaître?
S.R.: J'ai été le premier à recevoir ces commentaires-là, par rapport au fait qu'on n'entend pas beaucoup parler de nous dans les médias. Vous savez, mon mandat n'était pas de faire parler de nous. Ça semble bête, dit comme ça, mais c'est vrai. C'est beaucoup de travail, et les gens dans le système le reconnaissent. C'est ça l'important.
L'Étoile: Le portrait de la santé de la population du Nouveau-Brunswick n'est pas très reluisant. On y dénote que les Néo-Brunswickois ont tendance à mourir prématurément de maladies respiratoires, de cancer, de maladies du cœur, d'accidents vasculaires cérébraux, de blessures ainsi qu'à la suite d'un suicide plus souvent que les autres Canadiens. Que voyez-vous comme pistes de solution pour améliorer la situation?
S.R.: En termes de la santé générale des gens, le système de santé n'a pas beaucoup de poids là-dessus. Des choses comme notre comportement ou notre situation socio-économique ont une plus grande influence sur notre santé. Mais quand on a besoin du système de santé, il faut s'assurer qu'il est là pour nous servir de la bonne façon. C'est une chose de voir quel poids le système de santé devrait avoir dans tout ça. L'autre chose, c'est de voir comment ces comportements-là peuvent influencer la façon dont on utilise le système de santé. On sait que l'obésité par exemple, peut avoir un impact sur les maladies chroniques et que si ce n'est pas bien géré, ça augmente les cas d'hospitalisation, donc cela a un impact sur le système de santé.
L'Étoile: Le gouvernement a mandaté Gino LeBlanc pour consulter la population au sujet des services de santé. N'était-ce pas le mandat du Conseil de la santé?
S.R.: Je crois que son mandat est très différent du nôtre. On est présentement en train de faire des sondages sur les services de santé, et dans le questionnaire, on demande si l'offre active a été faite, si la personne a reçu le service dans sa langue. Donc, on va pouvoir mesurer ces choses-là parmi plein d'autres éléments. C'est le seul lien que je vois avec le travail de M. LeBlanc.
L'Étoile: À quoi peut-on s'attendre durant la prochaine année de la part du Conseil de la santé?
S.R.: Cette année, c'est une grande année. On a notre première initiative d'engagement qui débute en fin de semaine. Il y a à peu près 500 Néo-Brunswickois, qui vont participer, en quatre lieux, sur trois phases. Dans la première phase, on devra évaluer quelles sont les préoccupations des gens, leurs aspirations. Ça va nous permettre d'avoir une meilleure appréciation de ces points-là, mais aussi de voir s'il y a des divergences entre les régions.
Dans une deuxième phase, on va les emmener à identifier des pistes de solution, et ça n'implique pas nécessairement les gouvernements. La troisième phase, ça va être vraiment pour déterminer comment on priorise ces pistes de solutions et lesquelles on va mettre de l'avant. C'est un premier exercice provincial, ça n'a jamais été fait. Ça va nous servir de base, de toile de fond. On a aussi notre premier sondage, dont les premiers rapports seront disponibles en juillet. C'est une année où les premiers résultats de tout le travail de fond qu'on a fait vont prendre vie. À la fin de cette année, on pourra se pencher sur tout ça et faire des recommandations.
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