
Redonner au bois ses lettres de noblesse
Publié à 6h00 le jeudi 8 juillet 2010

L’Association des produits forestiers du Nouveau-Brunswick souhaite que le bois soit davantage considéré pour la construction non résidentielle. Après que la Colombie-Britannique et le Québec aient adopté des politiques qui visent à faire du 
bois une matière de premier choix pour les constructions d’édifices publics, au Nouveau-Brunswick, on lance la campagne «Utilisons plus de bois», une première étape qui vise la sensibilisation, indique Mark Arsenault, PDG de l’organisme.

Le président-directeur général de l’association, Mark Arsenault revient depuis peu d’un séjour en Chine pour tenter d’y développer le marché des produits forestiers néo-brunswickois. Après que la crise économique aux États-Unis ait dramatiquement affecté la demande en bois de construction, il semble naturel pour les entreprises forestières de la province de tenter de développer de nouveaux marchés moins traditionnels, comme la Chine. Pourtant, dans notre propre cour, au Nouveau-Brunswick il y a un potentiel de développement à explorer. C’est pour promouvoir cette idée que l’Association des produits forestiers a lancé la campagne «Utilisons plus de bois», assortie d’une étude de l’Université du Nouveau-Brunswick intitulée «Augmenter l’usage du bois dans les édifices publics du Nouveau-Brunswick».
Les bienfaits pour l’environnement font partie de l’argument. Selon M. Arsenault, la construction en bois s’inscrit en tout point dans la lutte contre les changements climatiques. «La construction en acier, en fer ou en béton laisse une bien plus grande empreinte carbonique que la construction en bois. Et le bois, en plus, est une matière renouvelable et complètement recyclable.»
L’association estime qu’il est trop tôt pour exiger des changements dans la législation. Selon M. Arsenault, on est encore à l’étape de la sensibilisation. «On voulait mettre en place quelque chose qui encouragerait les gouvernements municipal, provincial et fédéral à au moins considérer les bénéfices, la valeur et le potentiel du bois dans les nouvelles constructions. Et là où c’est possible, de mettre des politiques en place pour permettre l’approvisionnement, l’achat et la construction du bois dans ces édifices-là. On voudrait que ce ne soit pas seulement superficiel, dans la décoration, mais vraiment dans la structure de l’édifice.»
L’étude de l’Université du Nouveau-Brunswick a identifié des défis qui vont de la nécessité pour l’industrie de se doter d’une coalition et d’une vision commune, à la mise en place par le gouvernement de cibles de réduction de l’empreinte carbonique dans la construction, ainsi qu’à l’élaboration de curriculum dans les établissements d’enseignement postsecondaire pour favoriser les compétences dans la construction en bois. «Pour le moment, il y a très peu de programmes de formation en architecture en Nouvelle-Écosse qui augmentent les connaissances et les compétences avec le bois», remarque M. Arsenault.
En mai 2008, le gouvernement du Québec a adopté une Stratégie d’utilisation du bois dans la construction. L’industrie forestière de cette province a connu elle aussi des déboires importants dans les dernières années. L’adoption de cette stratégie, combinée à un plan d’action sur l’utilisation de la biomasse forestière et à la création de la Coalition Bois Québec, a toutefois apporté un vent de changements. Déjà des édifices publics ont été construits presque entièrement en bois, dont le premier édifice de six étages, ainsi qu’un complexe sportif dans la capitale provinciale.
En Colombie-Britannique, où la superficie forestière est huit fois plus grande que tout le territoire du Nouveau-Brunswick, le gouvernement a adopté en octobre 2009 le projet de loi 9 - ou Wood First Act - qui vise à «faciliter une culture du bois en exigeant l’usage du bois comme un matériau de construction primaire dans tous les édifices financés par la province.» Les constructions en bois ont bénéficié d’une visibilité extraordinaire lors des Jeux olympiques de Vancouver, notamment avec l’anneau de vitesse Richmond où se tenaient les compétitions de patinage de vitesse. Toutefois, selon l’étude de l’Université du Nouveau-Brunswick, les impacts de ce projet de loi se sont fait sentir durement sur d’autres industries, dont celle du béton, ce qui fait dire à l’association qu’une approche plus concertée avec les autres joueurs de l’industrie est essentielle.
L’étude explique que dans ces deux provinces, il a fallu un long processus, mené sur plusieurs années, pour aboutir à de telles législations. Les craintes environnementales des coupes à blanc et la question de la gestion responsable des forêts ont dû faire leur chemin avant que la population et les parties prenantes adoptent l’idée de la construction en bois comme premier choix. Ces étapes doivent être respectées au Nouveau-Brunswick également, croit M. Arsenault.
«Avec les années, on a développé une perception que le fer et l’acier sont plus forts et plus solides que le bois. Il y a des questions de coûts aussi. Mais avec des développements technologiques et de l’ingénierie du bois, on se rend compte qu’on peut faire des constructions beaucoup plus élevées et plus fortes que jamais, explique M. Arsenault. Il n’est pas question ici de dire qu’il faut lâcher complètement le béton ou l’acier. On peut travailler conjointement et faire des édifices hybrides.»
Ouvrez une session ou inscrivez-vous gratuitement




Plus Économie




Recherche

