Les produits forestiers du Nouveau-Brunswick se démarquent en Chine

Publié à 6h00 le jeudi 3 juin 2010
A11

La Chine avec ses 1,3 milliard d'habitants est le troisième plus important marché d'exportation du Nouveau-Brunswick. Toutefois, du côté de l'industrie forestière, on tarde à pro-fiter pleinement des opportunités que présente l'Empire du Milieu. C'est jus-tement pour développer des relations d'affaires que Marc Arsenault s'est rendu dans ce pays à la fin mai avec des représentants d'Entreprise Nouveau-Brunswick, du Maritime Lumber Bureau et d'une entreprise d'ébénisterie du Nouveau-Brunswick. Le groupe a rencontré différentes entreprises de construction chinoises, des entrepri-ses canadiennes qui sont établies sur le territoire et qui connaissent bien le marché, ainsi que des associations d'architectes.

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Le président de l'Association des produits forestiers du Nouveau-Brunswick, Mark Arsenault discute avec une représentante d'Entreprise Nouveau-Brunswick, du Maritime Lumber Bureau, du Atlantic Canada Business Network et d'une entreprise chinoise de construction de planchers lors de la mission commerciale en Chine.

«Des changements récents apportés au code du bâtiment de Shanghai ont ouvert des marchés potentiels pour les entreprises du Nouveau-Brunswick qui offrent des produits et services de construction de maisons à ossature en bois», a déclaré le ministre d'Entreprises Nouveau-Brunswick, Victor Boudreau dans un communiqué. Les administrations municipales chinoises sont en train de remplacer leurs vieux logements sociaux en béton par des immeubles modernes à ossature en bois où les appartements sont plus grands. De plus, la classe moyenne prend rapidement de l'ampleur en Chine et elle est très friande des maisons isolées de style occidental. Nous croyons que les entreprises du Nouveau-Brunswick sont parfaitement capables de fournir des produits du bois pour toutes les étapes de ces projets de construction.»

Selon M. Arsenault, cette mission en Chine a été fructueuse, mais il demeure conscient des défis qui se posent pour les entreprises néo-brunswickoises. «Je crois qu'on a de gros défis, mais en même temps d'énormes possibilités. Il y a un marché pour nos produits, mais ça reste à voir si le prix que nous sommes prêts à offrir nous garde dans le jeu. Notre bois d'?uvre est plus cher qu'en Colombie-Britannique, alors de ce côté, il y a encore des recherches qui se font avec des consultants pour déterminer notre seuil de prix.»

M. Arsenault est d'avis que la demande pour les produits plus rares comme le cèdre pourrait être plus grande que pour les produits finis. «On ne peut peut-être pas concurrencer avec la Colombie-Britannique pour les 2X4, les 2X6 ou 2X8, mais pour les produits plus spécialisés et plus rares, on voit qu'il y a un intérêt.»

Comme la plupart des commerçants nord-américains qui tentent de faire affaire en Chine, les manufacturiers de l'industrie forestière se frappent à des barrières culturelles et linguistiques de taille. Traditionnellement, les Chinois ne favorisent pas la construction de maison en bois, car ils considèrent que cette matière est destinée aux pauvres.

Toutefois, les mentalités sont sur la voie de changer, estime M. Arsenault. «Ils n'ont pas une culture de bois, mais c'est en train de changer. J'ai vu un nouvel intérêt des Chinois pour les qualités de bois. Ils commencent à réaliser que pour la protection contre les tremblements de terre, le bois est beaucoup plus résilient que le ciment. C'est quelque chose de positif. On a rencontré un promoteur immobilier qui est en train de construire 3 000 villas en bois canadien qui s'adressent aux gens plus riches ou de la classe moyenne. Donc, c'est bien perçu. Le Canada offre même des formations en charpenterie dans les institutions d'enseignement pour leur apprendre à travailler le bois.»

Selon M. Arsnenault, l'industrie des produits forestiers du Nouveau-?Brunswick ne fait pas d'exportations en Chine pour le moment, mais les choses pourraient changer prochainement. Dans quelques semaines, il présentera devant l'industrie un rapport de son expérience en Chine, ce qui devrait selon lui inciter les manufacturiers à s'intéresser davantage à ce marché. «À grande échelle, il faut songer à diversifier notre marché. Je pense qu'il y a un énorme potentiel. C'est sûr que c'est différent, il y a la barrière de la langue, de la culture et il y a la distance. Mais tout ça est gérable. Ça vaut la peine.»

 

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